Paule, Paul /13


Paule : Paul ?

Paul : Paule.

Paule : Que veux-tu dire ?

Paul : Il y aurait trop à dire.

Paule : J'entends bien...

Paul : Paule ?

Paule : Paul ?

Paul : Que veux tu dire ?

Paule : Tu le sais bien...

Paul : Hum... Je peux le deviner, sans doute...

Paule : Ce n'est pas difficile.

Paul : Hum...

Paule : Hum...

Paul : Voyons voir...

Paule : Je...

Paul : ...

Paule : ...

Paul : La nuit viendra.

Paule : Mais c'est tout de suite : je tombe de sommeil.

Paul : Tu ne peux pas t'allonger ici pour piquer un somme.

Paule : Non...

Paul : Tu pourrais retourner chez toi.

Paule : Ca m'est difficile, la journée n'est pas finie. J’ai affaire.

Paul : Oui.

Paule : Asseyons-nous.

Paul : Oui, allons dans ce café.

Paule : Il y a une table libre là-bas.

Paul : Allons-y.

Paule : Assise je n'ai qu'une envie : m'allonger pour dormir.

Paul : Le sommeil commence à me gagner chère lasse.

Paule : Las las las, comme tu es...

Paul : Que prends-tu ?

Paule : Un oreiller.

Paul : Garçon ! deux cafés s'il vous plaît.

Paule : Et un lit avec des draps bien secs et propres.

Paul : Ferme les yeux tu seras mieux.

Paule : En effet, je me repose.

Paul : Je les ferme moi aussi. Fermons nos yeux.

Paule : Hum... Je sens l'odeur de ton café chaud.

Paul : Huuum... Oui, le garçon l'a posé sur la table. Je vais le prendre du bout des doigts et le porter à ma bouche.

Paule : Tu ne mets pas de sucre ?

Paul : Mais si !... Juste la moitié d'un.

Paule : Qu'il est bon d'avoir les yeux fermés.

Paul : C’est un bien-être que je découvre avec toi chère et douce amie. Fermons les yeux.

Paule : Je ne sais si on nous regarde...

Paul : As-tu tes lunettes de soleil ?

Paule : Mais oui !

Paul : Mets les ! Je mets les miennes aussi.

Paule : Je ne te vois pas mais je te sais là. Mes yeux fermés derrière des lunettes de soleil reposent.

Paul : Tu m'entends.

Paule : Si je ne t'entendais plus : tu serais silencieux.

Paul : Ou parti.

Paule : Tu ne partirais pas sans me dire au revoir, cher ami de mon coeur.

Paul : C'est vrai, mais je suis là sans te voir, cela s’entend comme un bon jour.

Paule : Mes yeux reposent, je n'ai plus sommeil.

Paul : Tu vois.

Paule : J’imagine.

Paul : C’est vrai. Je t’imagine aussi vraie que tes paupières sont fermées.

Paule : Ta voix…

Paul : Qu’a-t-elle ?

Paule : Elle m’enchante.

Paul : Je ne fais que parler.

Paule : J’entends bien.

Paul : Jamais je n’aurais cru avoir cette conversation avec toi.

Paule : Les yeux fermés derrière des lunettes noires : personne ne nous voit les yeux fermés.

Paul : Oui. C’est reposant.

Paule : Je suis reposée.

Paul : Ah la bonne heure !…

Paule : C’est un vrai bonheur.

Paul : J’en suis heureux.

Paule : Je prendrai bien une bonne bière bien fraîche.

Paul : Ah la bonne soif !…

Paule : Je grignoterais bien quelque chose aussi.

Paul : Ah !… J’en salive moi-même chère et tendre amie.

Paule : Que prends-tu ?

Paul : J’ai faim d’olives noires.

Paule : Je vais prendre alors des vertes pimentées.

Paul : Avec un bol de chips ?

Paule : Oui oui !

Paul : Ouvrons les yeux !

Paule : Gardons nos lunettes !

Paul : Voilà !

Paule : Voilà !



Paule, Paul.
© Antoine Moreau, septembre 2003/2004
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