Paule, Paul /16


Paule : Paul...

Paul : Oui Paule...

Paule : Je ne pensais pas te trouver ici à cette heure.

Paul : Mais moi non plus. Je suis là comme par hasard.

Paule : Comme tout le monde.

Paul : Oui, comme tout le monde.

Paule : Ce n’est pas par hasard si tu es là Paul.

Paul : Non, j'y suis là comme par hasard. C'est comme si, c'est tout comme.

Paule : Comme tout le monde.

Paul : Où pourrais-je être autre part qu’ici ? Qui serais-je ailleurs ? Pourquoi es-tu chère et douce ici avec moi aujourd'hui à cet instant là ? Qui es-tu là ?

Paule : Ce n'est pas le fruit du hasard.

Paul : C’est ce qui est. Ce qui est est. Hé!...

Paule : Hé ! C’est juste. Trop juste pour être juste. Un peu juste, non ?

Paul : Ah mais ! Justifié ce qui arrive justement. Inch Allah !…

Paule : Oh là là… Ainsi donc ainsi soit-il ?…

Paul : Mais… Qu’est-ce qui est ?…

Paule : Attend attends... Je prends ma tête entre mes mains. Qu’est-ce qui est qu’est-ce qui est qu’est-ce…

Paul : Justement tout n'est pas justement. Tout ce qui arrive n'est pas. Tout n’est pas juste. Loin de là, l’injuste est là.

Paule : Tout n’est pas juste, soit !... Mais qu’arrive-t-il de juste, justement ? Qu'est-ce qui est ? Qu'est-ce qui peut être est ?

Paul : Juste peut être.

Paule : Peut-être peut-être… Un ajustement (hé !) à ce qui est. Y être en rapport et en mesure d’Y être. Peut-être peut-être… Ma tête ma tête…

Paul : Mais j’y suis ! Il y a du monde, regarde !... Tout ce monde au monde c’est ce qu’il y a c’est ce qui est.

Paule : Juste personne, il n’y a personnes.

Paul : Il y a foule, le peuple y est !

Paule : Mais personne n’y est pour personne.

Paul : Qui y est alors ?

Paule : Pour qu’il y ait personnes il faudrait qu’elles soient au monde ce que le monde est justement.

Paul : …

Paule : Hé !…

Paul : Cela n’existe pas. Ce serait un autre monde…

Paule : Je l'imagine doux ami.

Paul : Ha... Le fruit de l'imagination...

Paule : Fruit de la passion !...

Paul : Salade de fruits, jolis jolis...

Paule : Salade de fruits, jolie jolie...

Paul : Tu plais à mon…

Paule : Tu plais à ma…

Paul : Stoppons là les salades, l'imagination a emprise sur nos personnes. Les images engagent la lutte contre nous-même.

Paule : L'imagination au pouvoir soumet nos corps à l'irréel vraiment.

Paul : C'est un pouvoir passionnant qui domine et les actions et les pensées (hé !).

Paule : Les fruits de l’imagination prennent racines dans le non-être.

Paul : Mais chère amie aimable, tu le sais bien, nous ne sommes pas toujours, nous ne sommes pas. Toujours.

Paule : A dire vrai peut-être nous ne sommes jamais c'est bien pourquoi nous parlons au jour le jour.

Paul : Et créons nom de nom.

Paule : Et dansons ensemble sur le pont d’à côté.

Paul : Comment faire autrement ?

Paule : Allez !… Dégustons les fruits ! Allez allez ! Pas de salades !...

Paul : Les choisir excellents. Multiplier les arbres fruitiers et ainsi partager les pouvoirs !

Paule : Diviser le pouvoir de l'imagination et par là multiplier les imaginations !

Paul : Ah !... L'imagination va pouvoir, être réel est sa réalité.

Paule : Et quel monde alors !...

Paul : Des mondes communicants.

Paule : Des pouvoirs d'imaginer d'autres pouvoirs en puissance.

Paul : Des pouvoirs d'imaginer d'autres pouvoirs d'imaginer d'autres pouvoirs d'imaginer... Quelle puissance !…

Paule : Et ainsi de suite, l'imagination n'est pas au pouvoir, l'imagination n'a pas le pouvoir, l'imagination est pouvoir.

Paul : Ainsi, imaginer un autre monde au pouvoir c'est se le jouer en représentation bien séparée du monde tel qu’il est là puissant.

Paule : L'autre monde possible est un théâtre clos qui manifeste une certaine impuissance.

Paul : Enclos ma douce amie, ce lieu rêvé qui se joue de nous. D’ailleurs ailleurs c’est bien là que nous allons nous faire voir. Allez vous faire voir ailleurs est le lieu réel de ce monde autrement possible.

Paule : Allez !… Comme tu y vas…

Paul : Non non… Je suis là justement. Un autre monde est possible dans la clôture, scène bordée.

Paule : Mais tu n’y es pas mon ami !…

Paul : Non non, je n’y suis pas, suis au monde là dit donc, il n’est pas possible, il est ce qu’il est. Impossible c’est ce qu’il est hein.

Paule : Si je te suis bien : l’autre monde rêvé est l’impossible de l’impossible ?

Paul : Mais oui mais oui !… C’est un gouffre le monde là. Il vide. Il est aspirant. Sommes visés, vidés, virés de tout bords. L’autre monde imaginé c’est du vide sur du vide, le vent souffle.

Paule : Mais n’aspirons-nous pas nous là à un autre monde de toutes les façons possibles. N’est-ce pas ce qui se joue sur les scènes oxygénées?

Paul : Expire chère Paule ! Expire !… Vide toi. Libère tes poumons d’air et respire. Respire et joue.

Paule : Si un autre monde n’est pas possible parce que c’est justement l’impossible de l’impossible, qu’est-ce qui est possible ?

Paul : Le lieu où rien d'autre n'a lieu que notre amour.

Paule : Ah !… Aaaah… Suis touchée au cœur du noyau. Mes joues rosissent… Quel est ce lieu cher ami de mes yeux ?

Paul : Ce qui a lieu en lieu et place de tout territoire.

Paule : Ah !… Tu me transportes ami cher. Je lis dans tes yeux.

Paul : D’ailleurs c’est là.

Paule : C’est… C’est… C’est…

Paul : C’est !

Paule : Ah !…

Paul : C’est…

Paule : Ah… Tu as le dernier mot Paul, celui qui cloue le bec… J’ouvre ma bouche. Ma langue est là muette.

Paul : Embrassons-nous. C’est…

Paule : C’est…

Paul : C’est.

Paule : C’est.

Paul : …

Paule : …

Paul : …

Paule : …



Paule, Paul.
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Paule, Paul /15


Paul : Paule.

Paule : Paul ?

Paul : Je voulais te dire…

Paule : Oui, je t’écoute…

Paul : Je voulais te demander…

Paule : Oui ?

Paul : Qu’entends-tu ?

Paule : …

Paul : Qu’entends-tu ?

Paule : …

Paul : …

Paule : Pardon ?

Paul : Qu’entends-tu ?

Paule : Je ne vois pas où tu veux en venir.

Paul : J’entends bien, mais qu’entends-tu ?

Paule : La même chose que toi je suppose.

Paul : En es-tu sûre ?

Paule : Et toi, qu’entends-tu ?

Paul : Toi, qu’entends-tu ?

Paule : Mais j’entends ce que tu, entends ce que tout le monde entend !

Paul : Bon…

Paule : Bon !…

Paul : Tu n’entends rien de spécial ?

Paule : Toi ?

Paul : Tu n’entends rien de spécial ?

Paule : Je n’entends rien à ta question, cher ami de mon cœur qui palpite.

Paul : Bon… Ecoute…

Paule : …

Paul : Ecoute Paule…

Paule : Je t’écoute…

Paul : Ecoute, non pas moi seul, mais, écoute, prête l’oreille mon amour, écoute alentour.

Paule : Je tends l’oreille.

Paul : Les deux ! Les deux !

Paule : J’écoute…

Paul : …

Paule : …

Paul : Qu’entends-tu ?

Paule : Des bruits, le vent…

Paul : Voilà ! Tu vois !

Paule : J’entends j’entends !

Paul : Ah ah ah !…

Paule : Ah ah ah !…

Paul : Tu vois tu vois !

Paule : Oui oui !…

Paul : Ah !

Paule : Ah !

Paul : Joie joie !

Paule : Oui oui !

Paul : Chère chère Paule…

Paule : Cher cher Paul…

Paul : Nous nous entendons !

Paule : Nous nous entendons !

Paul : Nous entendons ! Du bruit, du vent !

Paule : Du vent ! Du bruit ! Entendons nous !

Paul : Bruit !

Paule : Vent !

Paul : Nous…

Paule : Entendons !

Paul : Nous

Paule : Nous

Paul : Entendons

Paule : Entendons.

Paul : Nous entendons !

Paule : Ah !

Paul : Hé !

Paule : Je vois je vois !…

Paul : Tu crois tu crois ?

Paule : Mais oui mais oui !

Paul : Ah bon ah bon…

Paule : Pourquoi pourquoi ?

Paul : Quoi quoi ?

Paule : Non non…

Paul : Tu vois tu vois…

Paule : Mais oui mais oui !

Paul : Tu crois tu crois…

Paule : Oui oui oui.

Paul : Bon bon bon…

Paule : Voilà…

Paul : Pas tout vu…

Paule : Quoi quoi quoi ?

Paul : Tu vois tu vois…

Paule : Mais quoi mais quoi ?

Paul : Qu’en sais-je que sais-je ?

Paule : Je ne sais pas moi c’est toi…

Paul : Moi qui quoi ?!…

Paule : Toi qui vois.

Paul : Toi aussi toi aussi.

Paule : Oui oui.

Paul : T’entends t’entends ? …

Paule : J’entends j’entends.

Paul : Voilà tout voilà tout.

Paule : Je vois là je vois.

Paul : Tu vois ce que tu entends tu vois.

Paule : Oui oui !

Paul : Ah ah !

Paule : Hé hé !…

Paul : Oh oh !

Paule : Uh uh !

Paul : Hé bien dit donc…

Paule : Comme tu dis…

Paul : Hé bien dit donc…

Paule : Tu dis bien, oui…

Paul : C’est toi qui le dis, non ?

Paule : Tu l’as dit, oui.

Paul : Mais toi aussi aussi toi aussi.

Paule : Si tu le dis…

Paul : Je dis ce que j’entends.

Paule : Si tu le dis…

Paul : J’entends bien.

Paule : C’est ce que tu penses…

Paul : Je dis ce que je pense.

Paule : C’est ce que tu dis…

Paul : Je ne dis pas autre chose.

Paule : C’est ce que tu penses…

Paul : Sûrement…

Paule : C’est ce qu’on dit.

Paul : Qu’en penses-tu toi ?

Paule : Comment puis-je le savoir ?

Paul : Tu n’en penses rien ?

Paule : Je n’en pense pas moins.

Paul : Je ne sais pas ce que tu penses.

Paule : Je ne sais pas ce que tu dis.

Paul : Tu ne sais pas ce que tu dis.

Paule : Je sais que ce que je dis est dit.

Paul : Tu ne sais rien de ce qui est dit.

Paule : Ce qui est dit est dit.

Paul : Avec ça on a tout dit…

Paule : Ce n’est pas le tout de dire…

Paul : Encore faut-il que ce soit vrai.

Paule : Comme on dit : dit l’art dit là dada !

Paul : L’art là dit là dada !…

Paule : Y’a des on dit et des Honda !…

Paul : L’art là dit là dada !…

Paule : Y’a des Honda et des on dit !…

Paul : L’art là dit là dada !…

Paule : Mais là l’art est l’arme ah là là…

Paul : L’art là dit là dada…

Paule : Alors l’art est là hors la loi…

Paul : L’art là dit là dada…

Paule : Et on dit vois la belle Honda !…

Paul : L’art là dit là dada…

Paule : Et on voit là tous les on dit !…

Paul : L’art là dit là dada !…

Paule : C’est là qu’on dit ah là là là…

Paul : L’art là dit là dada…

Paule : On dit là là dans la Honda…

Paul : L’art là dit là dada…

Paule : Car la Honda c’est pas c’qu’on dit !…

Paul : L’art là dit là dada !…

Paule : C’est la Honda qui sait c’qu’on dit !…

Paul : L’art là dit là dada !…

Paule : Car la Honda c’est pas c’qu’on dit !…

Paul : L’art là dit là dada !…

Paule : C’est la Honda qui sait c’qu’on dit !…

Paul : L’art là dit là dada !…

Paule : Là là là là là là là là…

Paul : L’art là dit là dada…

Paule : Là là là là là là là là…

Paul : L’art là dit là dada…

Paule : Là là là là là là là là…

Paul : Là là là là là là là là…

Paule : Là là là là là là là là…

Paul : Là là là là là là là là…

Paule : … Ah là là !…

Paul : Ah là là…

Paule : Aaaah…

Paul : Aaaah…

Paule : …

Paul : …



Paule, Paul.
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Paule, Paul /14


Paul : Bonjour Paule.

Paule : Bonjour Paul.

Paul : Où allons-nous ?

Paule : Par là.

Paul : Par là ?

Paule : Oui.

Paul : Allons-y.

Paule : On y va.

Paul : Quoi de neuf ?

Paule : Tout.

Paul : Il n’y a que ça.

Paule : Du neuf toujours.

Paul : Rien ne change.

Paule : C’est neuf.

Paul : Toujours du nouveau encore et encore toujours.

Paule : C’est toujours pareil.

Paul : Neuf fois sur dix on peut dire.

Paule : Dix sur dix, la totale.

Paul : Chère Paule tu exagères.

Paule : Si peu.

Paul : Du neuf il y a sur du neuf il y avait…

Paule : Il n’y avait que ça : que du neuf tout le temps.

Paul : Depuis toujours, tout est neuf.

Paule : Matin, midi et soir.

Paul : Et si les poules…

Paule : Avaient des dents…

Paul : Est-ce que…

Paule : Ce serait neuf ?

Paul : Non.

Paule : Non…

Paul : Allons par là.

Paule : Allons-y.

Paul : Nous pourrions aller autre part.

Paule : Oui bien sûr.

Paul : Ce serait…

Paule : Ce serait.

Paul : Allons-y.

Paule : D’accord.

Paul : Ce n’est pas…

Paule : C’est autre chose.

Paul : Et…

Paule : Oui.

Paul : Bon…

Paule : C’est une façon de parler.

Paul : On le dit.

Paule : Et ?…

Paul : Mais où allons-nous ?

Paule : Par là par là.

Paul : Là là bas.

Paule : Là là haut.

Paul : Voilà !

Paule : C’est le calme plat.

Paul : Il y a foule.

Paule : Plate.

Paul : C’est un fleuve.

Paule : Ce n’est pas la mer.

Paul : L’océan n’y est pas.

Paule : Le grand large…

Paul : Faudrait mettre les voiles.

Paule : Il ne faut pas se voiler la face.

Paul : Ce n’est pas demain la veille.

Paule : C’est ce qu’on dit comme on dit on dirait.

Paul : On ne dit jamais les mêmes choses.

Paule : C’est toujours autrement dit.

Paul : Je n’y comprends goutte.

Paule : C’est étrange.

Paul : Moi non plus.

Paule : Où sommes nous ?

Paul : Là.

Paule : Là ?

Paul : Là.

Paule : Aaaah…

Paul : Aaaah…

Paule : Aaaaah…

Paul : Aaaah…

Paule : Ah !

Paul : Ah !…

Paule : Ah ?…

Paul : Ah !!!

Paule : Ah.

Paul : Ah.

Paule : Ah ah ah ah ah !…

Paul : Ah ah ah ah ah !…

Paule : Là !

Paul : Là.

Paule : Nous y voilà.

Paul : Y sommes là.

Paule : Y paraît qu’c’est là.

Paul : C’est là c’est sûr.

Paule : Alors là…

Paul : Quoi ?

Paule : Quoi !

Paul : Coin !

Paule : Coin !

Paul : Coin coin !

Paule : Coin coin coin !

Paul : Coin coin !

Paule : Coin !

Paul : Là qu’est-ce qu’on fait ?

Paule : Qu’est-ce qu’on fait là ?

Paul : Ne nous en faisons pas.

Paule : Il n’y a pas de quoi.

Paul : Quoi ?…

Paule : Pas de quoi.

Paul : Mais qu’est-ce qu’il y a ?

Paule : Qu’est-ce qu’il y a ?

Paul : Continuons notre marche.

Paule : Marchons.

Paul : Marchons.

Paule : Chaque pas…

Paul : Est un autre…

Paule : Paysage…

Paul : Autrement vu…

Paule : Autrement dit…

Paul : Chaque pas…

Paule : Est un autre…

Paul : Paysage…

Paule : Autrement dit…

Paul : Chut…

Paule : Ecoutons.

Paul : Les pas neufs.

Paule : Pas à pas.

Paul : Pas.

Paule : Pas.

Paul : Pas.

Paule : Pas.

Paul : Pas par là.

Paule : Par là ?

Paul : Oui.

Paule : Pourquoi pas.

Paul : Et sinon ?…

Paule : Nous allons par là.

Paul : Pourquoi pas, oui.

Paule : Oui ?

Paul : Oui !

Paule : Allons-y.

Paul : Allons allons…

Paule : Ca va ?

Paul : Ca y va.

Paule : Ca va aller.

Paul : Ca va bien.

Paule : Ca va bien comme ça.

Paul : Ca va bien comme ça va.

Paule : Ca va bien comme ça va bien.

Paul : On ne va aller bien loin comme ça…

Paule : Nous y sommes.

Paul : Encore ?

Paule : Toujours.

Paul : Chère Paule, tu n’y es plus.

Paule : Mais si cher ami de mon cœur.

Paul : Regarde moi.

Paule : Je vois…

Paul : Mon œil…

Paule : Mais si.

Paul : Mes cils.

Paule : Je ne vois pas.

Paul : Je vois ça…

Paule : Mais Paul !

Paul : Paule.

Paule : Comment ça va ?

Paul : Ca va.

Paule : Bien.

Paul : On va où comme ça ?

Paule : On y va.

Paul : Bien.

Paule : Ca va.

Paul : Ca va aller.

Paule : Ca va.

Paul : Allons.

Paule : C’est tellement neuf.

Paul : Sait-on où on met les pas ?

Paule : Je ne pense pas.




Paule, Paul.
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Paule, Paul /13


Paule : Paul ?

Paul : Paule.

Paule : Que veux-tu dire ?

Paul : Il y aurait trop à dire.

Paule : J'entends bien...

Paul : Paule ?

Paule : Paul ?

Paul : Que veux tu dire ?

Paule : Tu le sais bien...

Paul : Hum... Je peux le deviner, sans doute...

Paule : Ce n'est pas difficile.

Paul : Hum...

Paule : Hum...

Paul : Voyons voir...

Paule : Je...

Paul : ...

Paule : ...

Paul : La nuit viendra.

Paule : Mais c'est tout de suite : je tombe de sommeil.

Paul : Tu ne peux pas t'allonger ici pour piquer un somme.

Paule : Non...

Paul : Tu pourrais retourner chez toi.

Paule : Ca m'est difficile, la journée n'est pas finie. J’ai affaire.

Paul : Oui.

Paule : Asseyons-nous.

Paul : Oui, allons dans ce café.

Paule : Il y a une table libre là-bas.

Paul : Allons-y.

Paule : Assise je n'ai qu'une envie : m'allonger pour dormir.

Paul : Le sommeil commence à me gagner chère lasse.

Paule : Las las las, comme tu es...

Paul : Que prends-tu ?

Paule : Un oreiller.

Paul : Garçon ! deux cafés s'il vous plaît.

Paule : Et un lit avec des draps bien secs et propres.

Paul : Ferme les yeux tu seras mieux.

Paule : En effet, je me repose.

Paul : Je les ferme moi aussi. Fermons nos yeux.

Paule : Hum... Je sens l'odeur de ton café chaud.

Paul : Huuum... Oui, le garçon l'a posé sur la table. Je vais le prendre du bout des doigts et le porter à ma bouche.

Paule : Tu ne mets pas de sucre ?

Paul : Mais si !... Juste la moitié d'un.

Paule : Qu'il est bon d'avoir les yeux fermés.

Paul : C’est un bien-être que je découvre avec toi chère et douce amie. Fermons les yeux.

Paule : Je ne sais si on nous regarde...

Paul : As-tu tes lunettes de soleil ?

Paule : Mais oui !

Paul : Mets les ! Je mets les miennes aussi.

Paule : Je ne te vois pas mais je te sais là. Mes yeux fermés derrière des lunettes de soleil reposent.

Paul : Tu m'entends.

Paule : Si je ne t'entendais plus : tu serais silencieux.

Paul : Ou parti.

Paule : Tu ne partirais pas sans me dire au revoir, cher ami de mon coeur.

Paul : C'est vrai, mais je suis là sans te voir, cela s’entend comme un bon jour.

Paule : Mes yeux reposent, je n'ai plus sommeil.

Paul : Tu vois.

Paule : J’imagine.

Paul : C’est vrai. Je t’imagine aussi vraie que tes paupières sont fermées.

Paule : Ta voix…

Paul : Qu’a-t-elle ?

Paule : Elle m’enchante.

Paul : Je ne fais que parler.

Paule : J’entends bien.

Paul : Jamais je n’aurais cru avoir cette conversation avec toi.

Paule : Les yeux fermés derrière des lunettes noires : personne ne nous voit les yeux fermés.

Paul : Oui. C’est reposant.

Paule : Je suis reposée.

Paul : Ah la bonne heure !…

Paule : C’est un vrai bonheur.

Paul : J’en suis heureux.

Paule : Je prendrai bien une bonne bière bien fraîche.

Paul : Ah la bonne soif !…

Paule : Je grignoterais bien quelque chose aussi.

Paul : Ah !… J’en salive moi-même chère et tendre amie.

Paule : Que prends-tu ?

Paul : J’ai faim d’olives noires.

Paule : Je vais prendre alors des vertes pimentées.

Paul : Avec un bol de chips ?

Paule : Oui oui !

Paul : Ouvrons les yeux !

Paule : Gardons nos lunettes !

Paul : Voilà !

Paule : Voilà !



Paule, Paul.
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Paule, Paul /12


Paule : Nous voilà !

Paul : Nous y sommes Paule.

Paul : Nous ne pouvons pas être autre part.

Paule : Nous sommes là à part entière.

Paul : Mais troués comme passoire…

Paule : Alors nous y sommes.

Paul : Hum… Nous n’y sommes pas tout à fait.

Paule : Trou là là itou !… Sommes bordés sommes des bordés nom de nom !…

Paul : Mon foie ne fait qu’un tour et je rends la pareille…

Paule : Voilà ! Nous sommes là ailleurs. Nous n’échappons pas aux points de vue, sommes pris somme toute.

Paul : Voilà où nous en sommes.

Paule : Cher Paul, promenons nous un peu.

Paul : Je te suis.

Paule : Nous en sommes au même point, c’est le point où nous sommes. Ah ah !…

Paul : Ah ah Paule : c’est à mourir de rire !…

Paule : Je suis renversée.

Paul : Et moi donc !… Retourné !…

Paule : Je ne savais pas que la réalité…

Paul : Tu voyais, tu croyais, tu marchais, tu vivais.

Paule : Mais mais mais… Je ne suis pas morte pour autant !…

Paul : Si si !… De rire, ma chère !…

Paule : D’amour mon cher !… J’ai tout perdu.

Paul : Tu as gagné le cocotier, je suis tordu.

Paule : Je t’aime Paul ! Tu me tues.

Paul : Paule ! Tu m’as liquidé, descendu, je suis mort.

Paule : Ah !

Paul : Nos aires s’enlacent.

Paule : Nos temps ne comptent pas.

Paul : C’est la réalité vraie.

Paule : Tu ne peux mieux dire.

Paul : Mais qu’est-ce qui se passe ?

Paule : Pardon ?…

Paul : Non ! Rien ! Non ! Rien ! Non ! Rien !

Paule : Qu’est-ce qui t’arrive ? Qu’est-ce qui t’échappe ?

Paul : Je suis avec toi.

Paule : Je suis avec toi.

Paul : Voilà ! Nous y sommes !

Paule : Poursuivons notre chemin.

Paul : Il nous mène.

Paule : Promenons-nous.

Paul : Nous poursuivons.

Paule : Je te suis.

Paul : Je te suis.

Paule : Poursuivons.

Paul : Qu’à cela ne tienne, cela mène !

Paule : Ensuite nous…

Paul : Tu suis quoi ?

Paule : Mais le fil !

Paul : Ah, quel transport !…

Paule : Aussi ténu que solide le fil.

Paul : Filons filons !…

Paule : Mais quoi ! C’est un tissu !

Paul : C’est une étoffe.

Paule : Au fil des jours tout ne tient qu’à un cheveux je m’envoile suis pas à poil.

Paul : Ooooh !… Ni nue, ni sue, ni crue !

Paule : Ni vue !

Paul : Aaaah… Recouverte !

Paule : Nous y sommes Paul.

Paul : Nous ne pouvons pas être autre part.



Paule, Paul.
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