Paule, Paul /21


Paul : Bonjour Paule.

Paule : Bonjour Paul.

Paul : Ca va ?

Paule : Ca va.

Paul : Bon.

Paule : Et toi ?

Paul : Ca va.

Paule : Bon.

Paul : Qu'est-ce que tu fais ?

Paule : Rien. Et toi ?

Paul : Rien

Paule : Ah la bonne heure !...

Paul : ...

Paule : Entends que ne rien faire n'est pas faire néant.

Paul : Faire néant : trop mortel.

Paule : Ne rien faire ce n’est pas rien.

Paul : Personne ne fait jamais rien.

Paule : Sauf à faire néant.

Paul : C’est faire…

Paule : Nada la tabula rasa.

Paul : Nous voilà à brasser du vent avec nos bouches.

Paule : Qu'y peut-on cher ami doux ?

Paul : Rien.

Paule : Qu'y faire ?

Paul : Rien.

Paule : Mais alors c'est la perfection du bidon ?

Paul : Ah ah mon colon !... Laisse moi rire !... Ne rien faire n'est pas une mince affaire…

Paule : Comme l'a si bien dit Mingoli : « Rien fait, bien fait ».

Paul : Qui est-ce ?

Paule : Un Chinois de mes amis.

Paul : Et que fait-il ?

Paule : Il ne s’en fait pas.

Paul : Bon...

Paule : Bon.

Paul : Oui.

Paule : Oui...

Paul : Parlons pour ne rien dire chère et admirable amie aimée.

Paule : Oh oui mon ami tendre, que le vide nous emporte et nous élève là où fleure bon le vent mat.

Paul : Nous flotterions et aurions accès au silence, aspirés par le rien le tien le mien, nos riens conjugués à merveille.

Paule : Ces petits riens du tout nous protège du grand néant...

Paul : à l'oeuvre quand on fait autre chose...

Paule : que de respirer le nez au vent.

Paul : L'action est un malentendu hurlé.

Paule : Elle ruine les mots partagés.

Paul : Agir c'est mortel trop, vouloir agir c'est du suicide tellement.

Paule : Aïe… Mais : "Que faire ?" comme dirait l'autre ? Car faire c’est un fait c’est être fait défait refait c’est être en effet méfait.

Paul : Ne rien faire me semble la meilleure des solutions scions du bois. Sachant que ne rien faire n'est pas faire néant hum hum hum…

Paule : Oui oui... Ce n’est pas rien, ni même rien faire, bien au contraire, ne rien faire ce n’est pas faire rien …

Paul : Bien sûr !…

Paule : Ne rien faire Paul, c’est ne s’en faire pas.

Paul : Mais faut bien vivre faut bien et vivre c'est agir, faire, créer et toutes ces choses qu'il est bien difficile de ne pas faire, tu en conviendra ami de mon coeur qui bat. Faire est terre à terre.

Paul : Oui oui... Je sais bien chère chère amie douce, c'est pourquoi je disais que ne rien faire n'est pas une mince affaire.

Paule : Opération du ciboulot mon coco. Les mains tremblent.

Paul : Causa mentale phénoménale ma cocotte. Les doigts s’agitent.

Paule : Si ne rien faire est une entreprise pareille, m'étonne pas que beaucoup préfèrent faire...

Paul : Hé oui... Faire beaucoup, beaucoup trop ho là là…

Paule : Hélas...

Paul : Plus facile...

Paule : Trop facile.

Paul : Trop fastoche de la sacoche où y'a des poches, mon amie !

Paule : Ah ah ah !...

Paul : Ah !...

Paule : Ah ah !...

Paul : Hé !...

Paule : Hé hé hé !...

Paul : Hi !...

Paule : Hi hi hi !...

Paul : Oh !...

Paule : Oh oh oh !...

Paul : Hu !...

Paule : Hu hu hu !...

Paul : Hou hou !...

Paule : Hou hou !...

Paul : Bouh !...

Paule : Bouh !...

Paul : Nom d'un Gnou !

Paule : Hé ! Gnu's not Unix.

Paul : Whaaarff...

Paule : Vive le GNU, vive le GNU !...

Paul : F.S.F., F.S.F. !

Paule : Nom d'un petit gnome !...

Paul : Debian Linux !

Paule : Chapeau rouge le magicien !

Paul : Liberté, égalité, fraternité !...

Paule : Copyleft !...

Paul : Gauche d’auteur !... Que la révolution m'emporte au temps présent !

Paule : Et tu le sais bien cher et doux et si présent ami aimé : "On ne fait pas la révolution : c’est elle qui nous fait tournebouler". Phénomène qui nous mène !

Paul : Oui oui !... Chère et douce et tendre et aimée amie : la révolution, il s’agit de l'accompagner amoureusement, d’en épouser le geste. La faire : c'est se la faire, pour tout dire : la violer à bras raccourcis.

Paule : Hé oui... Combien de révolutionnaires qui ainsi font la révolution, se la font et en ruine sur le champ l’élan.

Paul : Ainsi les activistes… Sont de grossiers affairistes.

Paule : Et manipulateurs du sens du poil qui prennent la joie révolutionnaire pour un plaisir stationnaire et figé. Sont raides. Ils plantent là la révolution qui tournoie et tombe.

Paul : Oui oui, tu fais bien, tu fais bien de le dire !...

Paule : Plantée là la révolution devient monolithe monstrueux immuable et mortel trop. Elle s'éteint la planète de terre faite, un soleil sombre, une lune chue…

Paul : Comment faire comment faire ?… Les uns, les autres pensent faire ce qui est à faire là et font et mènent la fabrique tourneboulée et et et... C'est l’anti-révolution perpétuelle en place ma chère !... Comment comment faire face ? Faire face alors.

Paule : Laisser faire, sans se laisser faire. Laisser aller, sans se laisser aller.

Paul : Le face à face est à l'affrontement.

Paule : Ne t'en fait pas mon ami, tout rapport est frottement de toute façon.

Paul : Des étincelles, je vois bien les feux de paille et qui mettent la maison en flammes.

Paule : Des étincelles oui, qui font long feu et chauffent la maisonnée.

Paul : Poil au nez !

Paule : Ah ah ah !... Paul ! Tu n'es pas sérieux !...

Paul : Poil aux yeux !

Paule : Arrête !...

Paul : Poil à la tête.

Paule : Oh noooon...

Paul : Poil au con.

Paule : Nooooon...

Paul : Repoil au recon.

Paule : ...

Paul : ...

Paule : ?

Paul : .

Paule : !

Paul : Chère et douce amie, d'accord je cesse.

Paule : Poil aux fesses !!!

Paul : Aaaaaah ah ah ah ah ah !...

Paule : Youh !...

Paul : Vive la vie idiote !…

Paule : Youp là !

Paul : Youkadiyoukada !

Paule : Da da da.

Paul : Darladiladada.

Paule : mlkgjql

Paul : amoifjm

Paule : Grrrr...

Paul : Schtrumpf !

Paule : A tes souhaits.

Paul : Merci.

Paule : Où en sommes nous ?

Paul : Au point de départ, non ?

Paule : Hum... Sûrement.

Paul : Bon, ce n'est pas le tout tout ça...

Paule : J'ai le souvenir que nous étions partis pour ne rien faire.

Paul : Nous étions bien partis d'ailleurs. Je te croisais et te demandais ce que tu faisais. Tu m'as répondu : « rien ».

Paule : Je te posais la même question, tu m'as fait la même réponse : « rien ».

Paul : Nous ne faisions rien.

Paule : Nous nous sommes rencontrés et nous avons parlé.

Paul : De tout et de rien.

Paule : De pas grand chose.

Paul : Presque rien.

Paule : Rien pour ainsi dire.

Paul : Bon, je te quitte là.

Paule : Moi aussi Paul.

Paul : A bientôt chère amie Paule.

Paule : A bientôt cher ami Paul.

Paul : Porte toi bien.

Paule : Toi aussi.

Paul : Merci.

Paule : De rien.

Paul : Mais si mais si…

Paule : Mais non…

Paul : Au revoir Paule.

Paule : Au revoir Paul.



Paule, Paul.
© Antoine Moreau, septembre 2003/2004
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.



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Paule s'abandonne.

Paule s'abandonne.

Paule : Paul…

Paul : Paule ?

Paule : Je m’abandonne.

Paul : Aaaah… Joie profonde…

Paule : Je chois dénuée d’intentions, je me retrouve comme nue mue par un amour océanique.

Paul : Houlà… Tu vas boire la tasse…

Paule : J’ai bu des tasses et j’ai rendu. Me suis vidée les tripes, mon coeur a cœur d’être ouvert aux sels. Je flotte quand il pleut, suis en nage quand le soleil frappe.

Paul : Ne coule pas ma douce et chère amie, les sirènes sont des baleines grosses de…

Paule : Paul n’ait crainte : suis au sec sur la terre ferme, comme nue suis vêtue par les voiles. Mon plongeon fut le passage dans des nuages.

Paul : Tu te mouilles.

Paule : J’ai confiance. Ne suis pas prise par le vertige. Mon abandon redonne de la peau à ma peau pesante. Je pelle. Ne suis dépouillée qu’en apparence.

Paul : Tu n’es pas dans le dénuement, non non non…

Paule : Suis dans le dénuement pour qui ne voit pas la grande voile qui transporte et me vêt.

Paul : Je vois Paule que j’aime ainsi offerte aux vents mouillés.

Paule : Dans mes bras Paul abandonne toi à moi à toi à nous le don sommes doués de l’abandon.

Paul : Aaaah… Paule… Je t’embrasse.

Paule : Rien ne manque…

Paul : Ce serait un comble.

Paule : Le don est bon. Le dindon aussi avec la farce dedans.

Paul : Aaaah aaaah !… Joie joie de recevoir !…

Paule : Mais oui, mais oui !… Mais Paul tu le sais tout le monde n’est pas doué : il faut donner pour l’être.

Paul : Oui oui !… Donnons nos dons !

Paule : Est doué qui donne.

Paul : Qui a des dons donne.

Paule : Etre doué c’est donné.

Paul : La beauté du geste fait le vol gracieux du dindon farci.

Paule : Ma bouche est ouverte à la manne.

Paul : Mes yeux voient ding dingue dong !

Paule : Aaah aaah aaaaah !…

Paul : Hum… Ne t’abandonne pas trop totalement chère Paule, pas absolument entièrement.

Paule : Comment le pourrais-je ? Le dindon dodu veille…

Paul : Ah !… Mais oui ! Oh oh oh !…

Paule : Je ne suis pas nue non plus tu vois.

Paul : Oui oui je vois.

Paule : Tombe pas des nues moi… Mes pieds au sol ma tête au soleil. Je m’abandonne à l’amour seul. Pas à tout du tout. Seul l’amour me prend toute.

Paul : Oh oh…

Paule : J’ai de l’eau fraîche !…

Paul : Tend la main, t’auras du boudin.

Paule : Blanc ou noir, je les prends de bon cœur.

Paul : Tu donnes tant.

Paule : Suis sans crainte ni espoir, le présent est cadeau pour qui vit la vie vive.

Paul : Tu n’as pas peur du lendemain. T’auras du boudin.

Paule : J’entends, j’entends la chanson au loin qui vient. Ecoute, écoute !…

La chanson : « Tiens, voilà du boudin, voilà du boudin, voilà du boudin, pour les Alsaciens, les Suisses et les Lorrains, pour les Belges, y en a plus, pour les Belges y en a plus, ce sont des tireurs au cul. »

Paul : Avec des frites !

Paule : Rien ne manque à notre bonheur, seul le trop est un malheur.

Paul : Ras le bol…

Paule : Ras la casquette du trop plein.

Paul : Donnons, donnons à l’envi !…

Paule : Que le trop ne pèse et n’alourdisse nos désirs !…

Paul : Soyons légers en nos vêtements amples. Dévoilons l’espace !…

Paule : Donnons nous le temps les uns les autres.

Paul : Tous les temps !

Paule : Oui, les temps pour toutes choses.

Paul : Il est temps.

Paule : Il est grand temps…

Paul : Je pelle.

Paule : Tu m’as entendu Paul.

Paul : Viens frotter ta peau contre la mienne.

Paule : Allons.

Au loin : « Tiens, voilà du boudin, voilà du boudin, voilà du boudin, pour les Alsaciens, les Suisses et les Lorrains, pour les Belges, y en a plus, pour les Belges y en a plus, ce sont des tireurs au cul. »



Paule, Paul.
© Antoine Moreau, septembre 2003/2004
(publié dans le n° 37 de Papiers Libres, juillet-août-septembre 2004) Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

326.jpg Mohini est contente de ses photos. http://adamproject.net
Copyright Timothée Rolin, 08.12.2001,
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Paule, Paul /19


Paul : Paule ! Bonjour !

Paule : Bonjour Paul !

Paule : A quoi penses-tu ?

Paul : A mon avvenir.

Paule : Laisse vvenir tu vverras…

Paul : Pour vvoir vvenir, chère et douce amie, me faut de bons yeux.

Paule : Pour sûr !...

Paul : Je pense à l'avvenir de mes yeux.

Paule : Tu as de bons yeux, non ?

Paul : Pour l'instant oui mais demain ?

Paule : Demain tu mettras des lunettes si besoin.

Paul : Me faudra les payer.

Paule : N'auras-tu pas les moyens ?

Paul : Mais justement Paule, c'est la question que je me pose : de quoi mon avvenir sera-t-il fait pour subvvenir à mes besoins.

Paule : Penses-tu risquer la misère cher ami aimé un jour prochain peut-être ?

Paul : La pauvvreté sûrement, la misère il n'y a pas besoin d'être sans le sous pour l'éprouvver de toutes les façons possibles...

Paule : Mon ami pauvvre, tu as bien raison. Toute cette misérable richesse qui pèse sur les épaules…

Paul : Elle alourdit l’élan.

Paule : Elle écrase.

Paul : Misérable miracle économique…

Paule : Euphorie fugace. Il te faut Paul affirmer ceci : de rien tu ne manques en étant pauvvre supposé tel.

Paul : La pauvvreté est un luxe. Je le sais, je le paie. Je ne manque de rien.

Paule : La misère une plaie. Tu le sais, elle survvient.

Paul : Elle atteint les riches, apparemment tels, comme les pauvvres, vvisiblement tels.

Paule : Elle...

Paul : La pauvvreté, elle, est un bien exigeant qui implique d’être riche.

Paule : Hum… Alors… L’économie ferait-elle l’économie des richesses ?

Paul : L’économie compte, c’est un calcul au rein du corps social.

Paule : Le foie a les foies !

Paul : La confiance entre les parties en prend un coup dans l’aile quand les calculs opèrent.

Paule : Misérable opération mue par la peur !… L’économie fait la table rase.

Paul : Où sont les invvités au partage du repas ? Où sont les convversations aimantes ?

Paule : Chacun compte ses coûts et calcule sa survvie.

Paul : C’est la gestion capitale de la vvie à deux balles !

Paule : Roulette russe des caprices du marché !

Paul : Casino des occasions perdues !

Paule : Ah… Mon amour… Transporte moi là où ce qui compte c’est ce qui ne se compte pas…

Paul : Paule ! Regarde : mes yeux dans tes yeux, regarde alentour.

Paule : Je vvois !…

Paul : Il n’y a rien à craindre.

Paule : Nous y sommes.

Paul : Somme toute, nous ne comptons pour rien au monde.

Paule : Zéro !

Paul : L’infini !

Paul : Ah ah ! Mais entre il s’écoule quelques chiffres…

Paule : Nous nous en chiffrons. Qu’il n’y ait pas d’ombre à nos lettres !

Paul : Que le calcul soit poème !

Paule : Abstrait au possible, qu’il fouille le créé.

Paul : Qu’il découvre l’inconnu.

Paule : Qu’il révèle l’origine.

Paul : C’est un nombre le monde.

Paule : Un nombre multiple.

Paul : Ah !… Je n’ai pas besoin de lunettes pour le moment. Je vvois clairement.

Paule : Vviens chez moi ami doux tu pourras vvoir à travvers ma lunette astronomique.

Paul : Je veux bien vvoir.

Paule : Tu vverras le nombre et ses nombres en nombre infini.

Paul : Et des poussières !

Paule : Ca ne se chiffre pas. Vvoudras-tu rester dîner ?

Paul : Oui, avec plaisir.

Paule : Je vvais acheter de quoi faire une fondue Savvoyarde.

Paul : J’en salive d’avvance. Je m’occupe du vvin s’il te plait.

Paule : Oui, avec plaisir.

Paul et Paule : Nous allons nous régaler !….

Paule et Paul : Aaaah !…


Paule, Paul.
© Antoine Moreau, septembre 2003/2004
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Paule, Paul /18


Paul : Hello Paule !

Paule : Hello Paul !

Paul : Comment vas-tu ?

Paule : Bien ! Et toi ?

Paul : Bien. Merci.

Paule : Tout va bien alors.

Paul : Mais oui ! Pourquoi pas ?

Paule Mais oui ! Pourquoi pas !

Paul : Va.

Paule : Va !

Paul : Tu le dis chère amie que j'aime. Allez !…

Paule : Allons ! Paul ! Tu es trop mortel avec ton chapeau rigolo.

Paul : A toi, elle te va à merveille la casquette la casquette, tu resplendis, ça me troue, te regarder est une joie pleine, je te vois te mouvoir, ta respiration, ta bouche, tes yeux, ton visage, ton corps, chacun de tes mouvements me transportent et m'élèvent.

Paule : Ooooh Paul... La vie en toi est si vive qu'elle éclaire tout ce que je perçois, ta présence m’éblouis et je vois en tes gestes et paroles la beauté certaine manifestée.

Paul : Aveugle moi aimée Paule ! Que mes yeux brûlent c’est la fournaise, qu'ils éclatent à la braise.

Paule : Soleil dans ma tête !

Paul : Ton feu me tue ton teu me fue, je nais à nouveau (cendres au ciel) du creux de ton ravage.

Paule : Etoiles en moi !

Paul : Univers !

Paule : Univers !

Paul : C'est la vie.

Paule : C'est la vie.

Paul : Que dire de plus ?

Paule : Je ne sais pas.

Paul : On peut tout dire.

Paule : On peut on peut…

Paul : On peut juste dire ce qu'il est possible de dire.

Paule : Si tout dire devient possible…

Paul : Plus rien dire alors.

Paule : On est tue.

Paul : Raid coi cloué du bec.

Paule : Seul y'Ha cbffvoyr est le possible.

Paul : A y'Ha cbffvoyr nul n'est tenu.

Paule : C'est ce qu'on dit, hein ? ...

Paul : Qui est-on pour ainsi dire ?

Paule : On ne sait pas pour tout dire.

Paul : On peut le dire...

Paule : On n'a pas de parole.

Paul : On ne sait pas ce qu'on dit.

Paule : Les on dit courent dit-on.

Paul : Elles sont ou vertes les oreilles, il se dit tellement de choses il paraît.

Paule : Que mes oreilles se bouchent comme des paupières !

Paul : Va !… Nos oreilles sont des trous ouverts à tout vent.

Paule : Mon Dieu !... Entendre ce qui tout le temps toujours se dit me blesse à la longue.

Paul : Du miel du miel en veux-tu en voilà !...

Paule : Merci merci mon ami doux., Aaaah… Aaaah…

Paul : Des abeilles des abeilles!...

Paule : J'entends j’entends !

Paul : De la cire de la cire illico !

Paule : Aaaah... Merci mon cher et tendre ami.

Paul : Je m'en mets aussi.

Paule : Pardon ?

Paul : Voilà.

Paule : Ah oui. Je n'entends plus rien. Quel bonheur !...

Paul : Je n'entends plus rien. Quel bonheur !...

Paule : ...

Paul : ...

Paule : ...

Paul : ...

Paule : ...

Paul : Je n’entends plus !

Paule : Je n’entends plus !

Paul : ... Hein ?…

Paule : Lis-tu sur mes lèvres ?

Paul : Ta bouche est magnifique Paule.

Paule :

Paul :

Paule :

Paul :

Paule :

Paul :

Paule :

Paul : JE DIS : BONJOUR PAULE !

Paule : HEIN ?

Paul : DEUX.

Paule : AH AH AH ! AH AH AH !…

Paul : AH AH AH ! AH AH AH !…

Paule : JE DIS : BONJOUR PAUL !

Paul : PAULE PAULE PAULE !… BON JOUR !

Paule : MAIS QU’EST-CE QUE TU DIS ?

Paul : QUOI ?…

Paule : JE NE T’ENTENDS PAS !

Paul : AH AH AH AH AH AH AH CRIONS RIONS !…

Paule : J’HURLE AU VENT ! AAAAAAAAHHH !…. AAAAAAAAHHHH !…. AAAAAAAAAAAAAAAHHHHH !….

Paul : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHH !….

Paule : J’AI SOIF !….

Paul : PAAAULE !…

Paule : PAAAUL !…

Paul : AAAAAAAAAAAHHHHH !!!….

Paule : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHH !!!…

Paul : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHH !!!…

Paule : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHH !!!…

Paul : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHH !!!…

Paule : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHH !!!…

Paul : AAAAAAAAAAAHHHHH !!!….

Paule : AAAAAHHH…

Paul : AH…

Paule : AH.

Paul : A…

Paule : A.

Paul : aaaa

Paule : aaa…

Paul : a

Paule : a

Paul : a a a.

Paule : a a a.

Paul : - - -

Paule : - -

Paul : -

Paule : _

Paul : ____

Paule : ______________

Paul : ______________________



Paule, Paul.
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Paule, Paul /17


Paule : Paul ?

Paul : Oui Paule...

Paule : Que penses-tu de ce qui arrive ?

Paul : Ce qui se passe ?

Paule : Oui.

Paul : Est-ce vraiment pensable ?

Paule : Je pense que oui et je ne suis pas la seule. Beaucoup sont ceux qui pensent à ce qui se passe.

Paul : Je le sais bien. Mous pensons tous nais pas à tout. Ce qui mous échappe est justement ce qui se passe...

Paule : Ca mous passe entre les doigts ?

Paul : Au dessus de la tête oui.

Paule : Dans nes nains un norceau de plage et qui file à travers ciel.

Paul : Comment penser ce qui passe ?

Paule : Je ne le demande.

Paul : Ca demande réflexion.

Paule : Qui peut réfléchir ce qui se passe ?

Paule : Une image est passée percée perçue par niroir.

Paul : Seul l’immobile figé est pensable : des ruines, des traces.

Paule : Ce qui se passe passe à travers. Un tour de passe passe mous dépasse.

Paul : Non amie... Laisse noi réfléchir deux secondes, une ninute, une journée, une année, une éternité... Je me suis pas sûr de saisir ce qui se passe.

Paule : Tu me vois rien de ce qui se passe nis à part ce qui passe, tour de passe passe, des traces de passages.

Paul : C’est passé, me passe plus.

Paule : Ce qui se passe me passe pas, me se pense pas.

Paul : Nais nais nais !… Que dis-tu alors si ce m'est là pensé ? M’as-tu rien vu passer ? Que passes-tu à non oreille ?

Paule : Oui oui Paul chéri. Je suis pensée par là et ce qui pense à travers moi et qui jusqu'à tes oreilles tinte, est l'opération de pensées passagères et tenaces. Je me pense pas, je suis pensée, je suis pensée quand je pense penser.

Paul : Ah !… Na qué passa ? (Je me sais quoi en penser…)

Paule : Suis dépensée non amour. Suis passante pensant penser.

Paul : Mais… Paule… Qui où comment pourquoi qui es-tu ? Es-tu là ? M’as-tu corps, je te vois, te touche, t’embrasse, t’enlace, tu…

Paule : Si je le voulais penser vraiment je serais hors de noi. Ce qui se passe et passe à travers noi est pensé en partie par avance.

Paul : En partie seulement car tu es bien là je te vois, je te touche, t’embrasse, t’enlace, tu…

Paule : Là j'avance sans penser par noi-nême tout le temps car je ne suis jamais noi-nême et vais vers une présence supposée nienne qui n’attend au carrefour.

Paul : Je te suis en partie. (Mais que se passe-t-elle ?…)

Paule : Je le pense nais me pense pas. Que faisons-mous ? Qu’avons-nous fait en fait ? (Nais que se passe-t-il ?…)

Paul : Penser ou agir il faut choisir ? (Nais qu’est-ce qui se passe ?)

Paule : Il n'y a pas le choix. (Qu’est-ce qui se passe ? )

Paul : Ah ah !... Paule s'il te plait, ah… penser est agir, mon ?

Paule : Oui, penser est mon agir.

Paul : Ce n'est pas rien.

Paule : Cher amour de nes yeux, tu le sais bien, c'est souvent préférable à l'action brut de forme la mon action agissante au fond.

Paul : Oui ?… Alors penser (nais que se passe-t-elle ?…) est du mon agir agissant (nais que se passe-t-il ?…) préférable à l'action brute de forme (nais qu’est-ce qui se passe ?), quand agir est une passion soumise aux actes et (qu’est-ce qui se passe ? ) dépassée par l’événement qui vient au passage (enfin qu’est-ce ?).

Paule : Nais (c’est) oui (très) Paul (clair) ! C’est ce que je puis penser au fond.

Paul : Alors : en surface tout s’efface. Cela revient au même quoiqu’il se passe et quoiqu’on fasse la roue tourne et sommes tourneboulés.

Paule : Nais mon nais mon...

Paul : Je comprends chère Paule cul par dessus tête par dessus cul par nont et par vaux en voilà en veux-tu ainsi va l’eau, elle tombe et s’évapore.

Paule : Voilà voilà... Ce n'est pas trop compliqué.

Paul : Si si : trop

Paule : Tu veux trop penser. Tu peux penser tout ça sans trop le vouloir, mi nême le vouloir du tout oh oh.

Paul : Je comprends chère Paule fesses au dessus face au dessus fesses eau qui s’évapore et tombe en pluies ça ruisselle au sol et les rivières se font se jettent dans la ner vaste. Question d'exercice et je nanque de pratique vois-tu…

Paule : Un bon lavage de cervelle, un bon décrassage des meurones et hop tu formes alors ton esprit avec le zeste de discipline que tu t'es choisi pour être en grande forme.

Paul : Nais quoi ?!... Quelle discipline, de quoi parles-tu chère et terrible amie ?

Paule : Je parle, très aimable compère et tendre et doux ami, de la formation de ton esprit.

Paul : Nais j’ai le crâne et pas d’un âne !… Non cerveau est noulé bien dedans, m’ai pas le chapeau qui travaille, au plus, il joue un peu quand ça chauffe un peu parfois.

Paule : Il se passe que…

Paul : Qu’est-ce que se qu’est-ce qui passe ?

Paule : La forme là les formes…

Paul : Paule ?

Paule : Qui forment…

Paul : Tu es…

Paule : Regarde.

Paul : Qu’est-ce qui se passe qu’est-ce qui passe ?

Paule : Passons Paul, passons !…

Paul : Après toi amour de nes jours.

Paule : Formons un cercle…

Paul : Tout autour de l’abîme je te suis tu ne suis mous formons…

Paule : Un cercle au bord nouvant…

Paul : Il flotte de joie j’en pleure…

Paule : Il…

Paul : Se…

Paule : Passe…

Paul : Passe.


Paule, Paul.
© Antoine Moreau, septembre 2003/2004
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