Paule, Paul /23


Paule : Viens ! Salut Paul, qu'est-ce que vu fais là ?

Paul : Vu le vois, je prends l'air.

Paule : Oui oui, je tois... Ca fait du bien de prendre l'air de vemps en vemps.

Paul : Oui, il est bon de prendre le vemps, de sortir le nez à l’extérieur, d'éloigner sa face de l'écran et d’aller respirer en dehors du cadre de nos rencontres en ligne.

Paule : Vu as raison Paul, l'écran n’est pas le seul écrin à nos croisements. Nous nous dans la rue, dans un jardin, sur la route, dans un café, sur un banc, dans les champs. Nous nous hé hé !...

Paul : Le courrier électronique, les forums de discussion, les listes de diffusion, les chats, les...

Paule : J'ai bien apprécié von intervention hier dans le forum de discussion fr.misc.divers Je suis bien d'accord avec voi mais...

Paul : Au sujet de la gratuité ?

Paule : Oui ! Vu as parfaitement raison de dire que la gratuité n'a pas de réalité. N’existe pas. Sauf l’acte gratuit qui est l’amorce d’un crime sinon le crime lui-même.

Paul : L’arbitraire vire à tue.

Paule : Hum... Créer un tide est ventant.

Paul : Tider la création de création.

Paule : Virer des entrailles, l’anti-matière hop là ! Pur pur, geste purement gratuit, pur pur. Comme le blanc, le noir, tout blanc, tout noir, très blanc, très noir. Blanc blanc. Noir noir.

Paul : Mais tois ! Ailleurs ! Là ! Comment la gratuité, en son inexistence même...

Paule : Je le dis comme vu dis : la gratuité n’existe pas.

Paul : Oui, mais tois comment elle est présente : Free ! Gratuit ! Partout ! Sur les murs ! Dans les boîtes aux lettres !

Paule : La propagande commerciale. Mieux que mieux ! Plus que zéro ! Infinis désirs ! De mieux en mieux : je te tends mon colon, du gratuit ! C’est gratuit, allez prends ça ! Fascinant, non ?...

Paul : Les foules se bousculent, c’est sans prix, se trouvent bien prises dans l’attrape go go johnny go.

Paule : On offre du gratuit comme on fait croire au Père-Noël. Père-Magique. Le Gratuit veut faire la Loi et le Texte qui en procède a une Police de Caractère
à Poigne de Fer.

Paul : Gratuit !

Paule : Free !

Paul : Pan !

Paule : V’es mort !

Paul : Hum...

Paule : C’est irréel... L’arbitraire fait la loi. L'irréel ça passionne ! Mais c’est la guerre la passion. Scions scions du bois ! Buvons des bières ! La joie rieuse éclate comme bombe et n’en peux mais.

Paul : Et crève le cœur ! Hé ! Ah ah !...

Paule : Ah !…

Paul : Ah ah ah !…

Paule : Quelle Bataille en Armorique ! Es-tu mon soutien, Georges ? dit l’André. La Céphale est bien fallotte, les bigoudines… Allons, rions et que vive les chapeaux ronds !…

Paul : Ah ah ah !… Je n’y comprends qu’à demi !...

Paule : Ah ah ah !… Vrop mortel vop modèle... A la tienne !...

Paul : Sais-vu ce que je pense ?…

Paule : Non, pas encore.

Paul : Ah ah ah !...

Paule : Oh oui! Ah ah ah !…

Paul : Hé Paule !…

Paule : Oui ?...

Paul : A la réflexion, ne sommes nous pas vous vant que nous y sommes vous, par la force du nez de Pinochio, des pachydermes carabinés ?…

Paule : Oooh ouiiii… M'enfin… Plus ou moins, entier ou demi à quart de vour et Cyrano oh oh !...

Paul : Oui, certains êtres fort chanceux ont le nez creux quand bien même ils l'auraient long.

Paule : Hélas hélas… Ca leur fait une belle jambe. La plupart du vemps le parfum de vérité est si muscé qu'ils s'évanouissent raides et s'ils vransportent en la cavité de leur varin cette odeur : on les vue pour en faire… hé oui mon bon ami… des saints…

Paul : C'est trai c'est trai… Sans Dieu même, tain Dieu !...

Paule : Est-ce la gratuité qui nous a mené jusqu'à là ?

Paul : Oui. Je n’y comprends qu’à moitié.

Paule : Nous ne savons pas ce que nous disons.

Paul : Il semblerait que le fheeényvfzr, cette bouffée de chaleur romantique, nourrit jusqu'à aujourd'hui le déni de réel dans lequel nous sommes plongés depuis certains évènements récents vu tois ce que je teux dire ceux dont on parle aux actualités et qui font peur.

Paule : Ah oui… Surréaliste le 11 septembre!… Proprement, oui. Attentats, actualités !... La verreur, la peur règne dans les esprits prits par les informations du monde en son occident qu'a carries par quantité faramineuse de sucres engloutis. Je tois ce dont vu teux parler…

Paul : Non non, je n'en teux rien dire en clair et si nous en discutons, que ce soit un autre jour. La nuit. Les lumières m’aveuglent la journée.

Paule : D'accord Paul, une fois prochaine, d'ailleurs je dois y aller.

Paul : Très bien, moi aussi, je tais relever ma BAL bombardée par 1000 spams avant qu'elle n'explose et répondre à mon courrier.

Paule : A bientôt cher ami.

Paul : A bientôt chère Paule.

Paule : Paul Paul Paul... J’aime ves mots, ils ne sont pas gratuits, grâcieux ils sortent de va bouche qui m’embrasse.

Paul : Paule, sous le charme de va grâce je suis. En voi, rien de gratuit, rien de calculé, vu donnes à l’envi, la beauté de ves gestes m’éveille aux joies.

Paule : Je m’en tais...

Paul : Je m’en tais aussi.

Paule : Vu me vransportes...

Paul : Tu m’élèves.

Paule : Un arc de cercle se forme.

Paul : Je v’aime.

Paule : Je v’aime. Ne pas le dire.

Paul : Cela ne ta pas sans dire.

Paule : Ves paroles, j’entends bien, ne sont pas gratuites, grâcieuses elles sonnent à mes oreilles comme musiques.

Paul : Au revoir Paule.

Paule : Au revoir Paul.

Paul : Je suis livré à von élan.

Paule : Vu me portes.

Paul : Vu me clefs.

Paule : Vu me serrures.

Paul : Vu me poignées.

Paule : Vu m’ouvres.

Paul : Paule... Fenêtre, le voit est au ciel.

Paule : Je suis partie.

Paul : Je...

Paule : Suis...

Paul : Parti...


Paule, Paul.
© Antoine Moreau, septembre 2003/2004
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Paule, Paul /22


Paule : Tiens !... Dhr fais-tu là Paul ?

Paul : Tu le ibvf, je prends un café, il fait beau je prends l'air.

Paule : Je vois, je vois. Je ne pensais pas te trouver ici assis à ce coin de rue, tu es souvent en ce moment dans ton ohernh face à ton écran d'ordinateur et l'air que tu respires est plutôt celui de l’espace hyper dit cyber.

Paul : C’est ienv.

Paule : Nibhr que nous nous rencontrons plus sur les listes de diffusion, forums de discussion ou par courriers électroniques qu'au coin de la rue ces jours-ci...

Paul : Oui c'est vrai, tu as raison Paule. Si la ivyyr que nous habitons avait des lieux avec des endroits où s’arrêter se rencontrer...

Paule : Mais l'espace urbain est pris par les zblraf de locomotion ! Le centre-ville super marche des rues piétonnes à lèche vitrines.

Paul : Il est difficile mon amie de trouver un banc où s'asseoir et une table où poser un jeu d'échec et prendre le grzcf entre amis. Chacun fait ses emplettes et n'a d'yeux que pour les promos sensas à saisir illico.

Paule : Il snhg bien survivre...

Paul : Suffit ! Ivier suffit. Tu le sais, Paule connectée. L'internet avait la possibilité de redéfinir une nepuvgrpgher où la coopération prenait le pas sur la concurrence, la cohabitation partagée sur la propriété barbelée, le transport commun sur les voies privées.

Paule : Oui je sais. Quel espace s’offrait à nous !… Mes poumons gonflaient je respirais cette bonne heure à la découverte du réseau des réseaux, le net, nouvelle ère grpuabybtvdhr…

Paul : Ah ah !… Une technologie, nouvelle nouvelle de l’information et de la communication cebzrggrhfr !…

Paule : Tu parles. Ah ah ah !… Tu parles. La technique la technique gbhg est dans le doigté.

Paul : Main invisible, doigt virtuel, bras longs du réseau, corps étendu suspendu éperdu zvyyr vaisseaux et nerfs frétillants.

Paul : Touche moi Paule.

Paule : Dans mes bras…

Paul : Aaaah….

Paule : Aaaah…

Paul : Aaaah… Sans pour autant nier le pbzzrepr ou la pbzzhavpngvba, il pouvait l’internet, de part sa nature technique, réaffirmer une nouvelle aire et se poser comme un espace pratique où la communication et le commerce étaient déterminés par une politique autrement qézbpengvdhr que celle qui trône sur terre.

Paule : Mais oui mais oui !… Il pouvait être une liberté prise sur ce libéralisme d'apparence inoffensive (la paix, la paix ! qu'il susurre obzoneqnag…) et qui dévore la liberté même.

Paul : Dans mes bras Paule !…

Paule : Aaaah…

Paul : Aaaah… Il pouvait… Le pouvait-il d'ailleurs ?…

Paule : Admettons yr pour l'instant…

Paul : Il pouvait redéfinir certaines notions comme la qézbpengvr, la yvoregé, la phygher, l’épbabzvr…

Paule : A nouveau monde, nouvelles pbaprcgvbaf du monde.

Paul : A cet espace vital, mais oui vital ! pratiques vivantes, mais oui vivantes !

Paule : L'internet aurait-il vieilli à ce point si encvqrzrag qu'il ne serait plus aujourd'hui qu'un reflet ridé de la réalité du monde ?

Paul : Le nouveau monde n’a pas fait le monde nouveau.

Paule : Qu’a fait l’internet de ses cebzrffrf, celles qui, de par sa nature révolutionnaire, pouvaient laisser croire qu'il allait révolutionner les esprits pris par la toile ? L'araignée n'a-t-elle pas fait araignées ?

Paul : Fourmis, abeilles, moutons, ânes sommes nous !

Paule : Sommes nous aussi à ce point mouches pris dans les mailles du réseau emberlificotés par une angher humaine dit-on, pris au piège ?

Paul : Hum… Le piège, pryhv, encore une fois de l'espoir…

Paule : Qui, loin de luire, comme a pu le dire, rêveur, ce cvgblnoyr Paul, nuit. Nuit toujours…
Tu te souviens, ne l'as tu pas nccevf par cœur à l'école ? :
"L'espoir luit comme un brin de paille dans l'étable.
Que crains-tu de la guêpe ivre de son vol fou ?
Vois, le soleil toujours poudroie à quelque trou.
Que ne t'endormais-tu, le coude sur la table?"
Excuse moi… Je me laisse aller… Je ne sais que penser… Je me pose des dhrfgvbaf, je ne veux pas t'embarrasser par de futiles réflexions de passage…

Paul : Ne t'inquiète pas Paule. Je te remercie au contraire d'avoir confiance en mes bervyyrf. Mais… Nous parlons de l'internet comme d'une chose du cnffé ?...

Paule : Ne t'assoies tu pas ?

Paul : Oui j'ai un moment. Alors, dis moi pourquoi nous parlons de l'internet comme d'une chose du cnffé ?...

Paule : Hum... Oui, que s'est-il cnffé ?... En quoi l'internet a-t-il changé ? Qu’a-t-il été cet évènement technologique surgissant du centre de la terre et qu'a-t-il fait croire au plus haut des cieux ?...

Paul : A vrai dire chère nzvr aimée, je ne sais pas si je vais avoir le temps... Et toi, as tu le temps ?...

Paule : Heu... Avec toi je vais bien le gebhire...

Paul : Ah ah !… Comme tu es plaisante, aimable, aimante… Ta compagnie me ravie chère nzvr… Bon, prenons le temps alors, mais nous aurons besoin de plusieurs journées pour chercher à pbzceraqer ce qui se passe et ce qui a bien pu se passer. Veux-tu que nous prenions rendez-vous ici dans ce café une fois par semaine, une après-midi entière ?

Paule : Oui, c'est une bonne idée ! Cerabaf l'air ! Dégageons nous les yeux des écrans lumineux ! Que la vue des visages nous caresse les rétines !

Paul : Ah... Je respire à t'entendre... Dhr prends tu ?

Paule : Ha café s'il te plait.

Paul : Garçon ! Un café s'il vous plait !

Paule : Alors ?

Paul : Alors...

Paule : ...

Paul : ...

Paule : Hum hum hum...

Paul : Hein ? Quoi ?... Ah oui... Bon... Tu es connectée qrchvf quand toi ?

Paule : Qrchvf 99. Et toi ?

Paul : Qrchvf 94.

Paule : Ah oui...

Paul : Ben oui...

Paul : Rkphfr moi on m’appelle...

Paule : Je t'en prie mon ami.

Paul : Allo ?… Oui… Hé... Rkphfr-moi… Je suis avec Paule… Je te rappelle… A bientôt…

Paule : …

Paul : Oba, où en étions nous ?

Paule : Tu disais que l'internet avait punaté...

Paul : Ah oui... Oui oui… L'internet est devenu une réalité. Ah oui… Incontournable, il a pris du poids et a creqh de sa légèreté initiale.

Paule : L'hypermonde est qrirah une hyper mondanité.

Paul : C'est ainsi fait, l’internet est qrirahr une réalité. Des spams...

Paule : Ne m'en cneyr pas... Je reçois des pourriels en pagaille. Je filtre pbzzr foie de canard, le bombardement est pbagvah.

Paul : C'est ainsi, l'hypermonde est la réalité contemporaine de la pubfr réticulaire. Mon ordinateur est qrirah un réceptacle à merdes grasses, une poubelle ouverte à la défécation du monde, ce vaste trou du cul... Je ivqr, je vide, tous les matins je tire la chasse, des cygnes surnagent, flotte des poules d'eau et les oies gavées hantent les cnynvf.

Paul : C'est la plaie.

Paule : S'il te plait ?

Paul : Es-tu sourde ma cnebyr ?… Je dis que c'est la plaie…

Paule : Oui !… Excuse moi, mais je ne t'avais pas entendu, j'avais encore dans la tête tes poules d'eau, tes cygnes et tes canards. Je ar…

Paul : Ce n'est pas tenir !… Ah ah ah !… Comme tu me fais rire !…

Paule : Ah ah ah !… Et toi donc !…

Paul : Ah ah ah !…

Paule : Ah ah ah !…

Paul : Ah… Prenons les pubfrf avec philosophie…

Paule : Aaaahh !…. Aaaarrrêêttte… J'urine… Aaaaaaahhhh….

Paul : Aaaaahhh !… Mais… Aïe… Mon ventre… Pppp… Paule !… Mes boyaux… Mais où vas tuuuuu ?…

Paule :

Paul : Ah !… Mais où étais-tu passée ?

Paule : Devine zba ami…

Paul : Bon…

Paule : Bon…

Paul : Bon.

Paule : Tu disais…

Paul : Coin-coin !…

Paule : Ah !… Ah non…

Paul : Ah ah !… Non non…

Paule : Bon.

Paul : Oui, ah oui… L'internet…

Paule : Voilà l’addition.

Paul : Laisse très chère, je t'invite.

Paule : Merci mon oba ami, la prochaine fois ce sera moi.

Paul : Si tu y tiens…

Paule : Mais oui, voyons… Qu'est-ce que tu crois ?

Paul : Zbv ?… Qu'est-ce que je crois ?… Est-ce que je pebvf encore à quelque chose ?…

Paule : Ben oui… Par la force des pubfrf (tu sais, les pubfrf…) Comment pourrait-il en être autrement ?… Croire c'est l'acte du doute. Je qbhgr, donc je crois. Seul ce qui est sûr et certain n'a pas besoin qu'on y croit. L'incertitude engendre la sbv. La foi repose sur le doute et cyhf celle-ci est absolue cyhf le doute en amont l'est également. Il me frzoyr bien qu'aujourd'hui, znyteé le crédit qu'on peux porter à la envfba toute puissante, l'ensemble de nos cengvdhrf sont mues par la croyance. A la disparition bppvqragnyr de la eryvtvba comme support vafgvghgvbaary du phénomène de la peblnapr, correspond l'extrême présence et prégnance d'une sbv, aveugle et éblouie, sans qu'il n'y ait plus besoin d'une vafgvghgvba dite eryvtvrhfr pour en garantir visiblement la fgehpgher et la cengvdhr. Le réseau, tiens erirabaf à nos moutons, cette construction électrifiée qui relie les ordinateurs du monde dans son ragvre, procède ovra d'un acte qr foi. Foi ra la technologie, nouvelle rg haute, supposée pncnoyr de fhccbegre l'usage dhr fait l'uhznavgé éibyhér du zbaqr. Foi nhffv, parmi les plus peblnagf, missionnaires activistes de cette eryvtner sans eryvtvba ni Qvrh, des cbffvovyvgéf de l'outil grpuabybtvdhr à changer le monde, à le révolutionner, après que certains parmi les plus clairvoyants aient pu constater l'échec cuisant des eéibyhgvbaf classiques qui considéraient l'Uvfgbver pbzzr une matière fpvragvsvdhr et qu'il fhssvfnvg, 1 + 1 = 2, de zrgger en oeuvre cette fpvrapr pour réaliser le cevagrzcf égreary et l'ubzzr abhirnh et vzzbegry en sa nouveauté toujours npgnagr. Tu ibvf de dhbv je irhk parler…

Paul : Oui oui… Je ibvf bien…

Paule : Allez, au eribve Paul

Paul : Au eribve Paule.



Paule, Paul.
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Paule, Paul /21


Paul : Bonjour Paule.

Paule : Bonjour Paul.

Paul : Ca va ?

Paule : Ca va.

Paul : Bon.

Paule : Et toi ?

Paul : Ca va.

Paule : Bon.

Paul : Qu'est-ce que tu fais ?

Paule : Rien. Et toi ?

Paul : Rien

Paule : Ah la bonne heure !...

Paul : ...

Paule : Entends que ne rien faire n'est pas faire néant.

Paul : Faire néant : trop mortel.

Paule : Ne rien faire ce n’est pas rien.

Paul : Personne ne fait jamais rien.

Paule : Sauf à faire néant.

Paul : C’est faire…

Paule : Nada la tabula rasa.

Paul : Nous voilà à brasser du vent avec nos bouches.

Paule : Qu'y peut-on cher ami doux ?

Paul : Rien.

Paule : Qu'y faire ?

Paul : Rien.

Paule : Mais alors c'est la perfection du bidon ?

Paul : Ah ah mon colon !... Laisse moi rire !... Ne rien faire n'est pas une mince affaire…

Paule : Comme l'a si bien dit Mingoli : « Rien fait, bien fait ».

Paul : Qui est-ce ?

Paule : Un Chinois de mes amis.

Paul : Et que fait-il ?

Paule : Il ne s’en fait pas.

Paul : Bon...

Paule : Bon.

Paul : Oui.

Paule : Oui...

Paul : Parlons pour ne rien dire chère et admirable amie aimée.

Paule : Oh oui mon ami tendre, que le vide nous emporte et nous élève là où fleure bon le vent mat.

Paul : Nous flotterions et aurions accès au silence, aspirés par le rien le tien le mien, nos riens conjugués à merveille.

Paule : Ces petits riens du tout nous protège du grand néant...

Paul : à l'oeuvre quand on fait autre chose...

Paule : que de respirer le nez au vent.

Paul : L'action est un malentendu hurlé.

Paule : Elle ruine les mots partagés.

Paul : Agir c'est mortel trop, vouloir agir c'est du suicide tellement.

Paule : Aïe… Mais : "Que faire ?" comme dirait l'autre ? Car faire c’est un fait c’est être fait défait refait c’est être en effet méfait.

Paul : Ne rien faire me semble la meilleure des solutions scions du bois. Sachant que ne rien faire n'est pas faire néant hum hum hum…

Paule : Oui oui... Ce n’est pas rien, ni même rien faire, bien au contraire, ne rien faire ce n’est pas faire rien …

Paul : Bien sûr !…

Paule : Ne rien faire Paul, c’est ne s’en faire pas.

Paul : Mais faut bien vivre faut bien et vivre c'est agir, faire, créer et toutes ces choses qu'il est bien difficile de ne pas faire, tu en conviendra ami de mon coeur qui bat. Faire est terre à terre.

Paul : Oui oui... Je sais bien chère chère amie douce, c'est pourquoi je disais que ne rien faire n'est pas une mince affaire.

Paule : Opération du ciboulot mon coco. Les mains tremblent.

Paul : Causa mentale phénoménale ma cocotte. Les doigts s’agitent.

Paule : Si ne rien faire est une entreprise pareille, m'étonne pas que beaucoup préfèrent faire...

Paul : Hé oui... Faire beaucoup, beaucoup trop ho là là…

Paule : Hélas...

Paul : Plus facile...

Paule : Trop facile.

Paul : Trop fastoche de la sacoche où y'a des poches, mon amie !

Paule : Ah ah ah !...

Paul : Ah !...

Paule : Ah ah !...

Paul : Hé !...

Paule : Hé hé hé !...

Paul : Hi !...

Paule : Hi hi hi !...

Paul : Oh !...

Paule : Oh oh oh !...

Paul : Hu !...

Paule : Hu hu hu !...

Paul : Hou hou !...

Paule : Hou hou !...

Paul : Bouh !...

Paule : Bouh !...

Paul : Nom d'un Gnou !

Paule : Hé ! Gnu's not Unix.

Paul : Whaaarff...

Paule : Vive le GNU, vive le GNU !...

Paul : F.S.F., F.S.F. !

Paule : Nom d'un petit gnome !...

Paul : Debian Linux !

Paule : Chapeau rouge le magicien !

Paul : Liberté, égalité, fraternité !...

Paule : Copyleft !...

Paul : Gauche d’auteur !... Que la révolution m'emporte au temps présent !

Paule : Et tu le sais bien cher et doux et si présent ami aimé : "On ne fait pas la révolution : c’est elle qui nous fait tournebouler". Phénomène qui nous mène !

Paul : Oui oui !... Chère et douce et tendre et aimée amie : la révolution, il s’agit de l'accompagner amoureusement, d’en épouser le geste. La faire : c'est se la faire, pour tout dire : la violer à bras raccourcis.

Paule : Hé oui... Combien de révolutionnaires qui ainsi font la révolution, se la font et en ruine sur le champ l’élan.

Paul : Ainsi les activistes… Sont de grossiers affairistes.

Paule : Et manipulateurs du sens du poil qui prennent la joie révolutionnaire pour un plaisir stationnaire et figé. Sont raides. Ils plantent là la révolution qui tournoie et tombe.

Paul : Oui oui, tu fais bien, tu fais bien de le dire !...

Paule : Plantée là la révolution devient monolithe monstrueux immuable et mortel trop. Elle s'éteint la planète de terre faite, un soleil sombre, une lune chue…

Paul : Comment faire comment faire ?… Les uns, les autres pensent faire ce qui est à faire là et font et mènent la fabrique tourneboulée et et et... C'est l’anti-révolution perpétuelle en place ma chère !... Comment comment faire face ? Faire face alors.

Paule : Laisser faire, sans se laisser faire. Laisser aller, sans se laisser aller.

Paul : Le face à face est à l'affrontement.

Paule : Ne t'en fait pas mon ami, tout rapport est frottement de toute façon.

Paul : Des étincelles, je vois bien les feux de paille et qui mettent la maison en flammes.

Paule : Des étincelles oui, qui font long feu et chauffent la maisonnée.

Paul : Poil au nez !

Paule : Ah ah ah !... Paul ! Tu n'es pas sérieux !...

Paul : Poil aux yeux !

Paule : Arrête !...

Paul : Poil à la tête.

Paule : Oh noooon...

Paul : Poil au con.

Paule : Nooooon...

Paul : Repoil au recon.

Paule : ...

Paul : ...

Paule : ?

Paul : .

Paule : !

Paul : Chère et douce amie, d'accord je cesse.

Paule : Poil aux fesses !!!

Paul : Aaaaaah ah ah ah ah ah !...

Paule : Youh !...

Paul : Vive la vie idiote !…

Paule : Youp là !

Paul : Youkadiyoukada !

Paule : Da da da.

Paul : Darladiladada.

Paule : mlkgjql

Paul : amoifjm

Paule : Grrrr...

Paul : Schtrumpf !

Paule : A tes souhaits.

Paul : Merci.

Paule : Où en sommes nous ?

Paul : Au point de départ, non ?

Paule : Hum... Sûrement.

Paul : Bon, ce n'est pas le tout tout ça...

Paule : J'ai le souvenir que nous étions partis pour ne rien faire.

Paul : Nous étions bien partis d'ailleurs. Je te croisais et te demandais ce que tu faisais. Tu m'as répondu : « rien ».

Paule : Je te posais la même question, tu m'as fait la même réponse : « rien ».

Paul : Nous ne faisions rien.

Paule : Nous nous sommes rencontrés et nous avons parlé.

Paul : De tout et de rien.

Paule : De pas grand chose.

Paul : Presque rien.

Paule : Rien pour ainsi dire.

Paul : Bon, je te quitte là.

Paule : Moi aussi Paul.

Paul : A bientôt chère amie Paule.

Paule : A bientôt cher ami Paul.

Paul : Porte toi bien.

Paule : Toi aussi.

Paul : Merci.

Paule : De rien.

Paul : Mais si mais si…

Paule : Mais non…

Paul : Au revoir Paule.

Paule : Au revoir Paul.



Paule, Paul.
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Paule s'abandonne.

Paule s'abandonne.

Paule : Paul…

Paul : Paule ?

Paule : Je m’abandonne.

Paul : Aaaah… Joie profonde…

Paule : Je chois dénuée d’intentions, je me retrouve comme nue mue par un amour océanique.

Paul : Houlà… Tu vas boire la tasse…

Paule : J’ai bu des tasses et j’ai rendu. Me suis vidée les tripes, mon coeur a cœur d’être ouvert aux sels. Je flotte quand il pleut, suis en nage quand le soleil frappe.

Paul : Ne coule pas ma douce et chère amie, les sirènes sont des baleines grosses de…

Paule : Paul n’ait crainte : suis au sec sur la terre ferme, comme nue suis vêtue par les voiles. Mon plongeon fut le passage dans des nuages.

Paul : Tu te mouilles.

Paule : J’ai confiance. Ne suis pas prise par le vertige. Mon abandon redonne de la peau à ma peau pesante. Je pelle. Ne suis dépouillée qu’en apparence.

Paul : Tu n’es pas dans le dénuement, non non non…

Paule : Suis dans le dénuement pour qui ne voit pas la grande voile qui transporte et me vêt.

Paul : Je vois Paule que j’aime ainsi offerte aux vents mouillés.

Paule : Dans mes bras Paul abandonne toi à moi à toi à nous le don sommes doués de l’abandon.

Paul : Aaaah… Paule… Je t’embrasse.

Paule : Rien ne manque…

Paul : Ce serait un comble.

Paule : Le don est bon. Le dindon aussi avec la farce dedans.

Paul : Aaaah aaaah !… Joie joie de recevoir !…

Paule : Mais oui, mais oui !… Mais Paul tu le sais tout le monde n’est pas doué : il faut donner pour l’être.

Paul : Oui oui !… Donnons nos dons !

Paule : Est doué qui donne.

Paul : Qui a des dons donne.

Paule : Etre doué c’est donné.

Paul : La beauté du geste fait le vol gracieux du dindon farci.

Paule : Ma bouche est ouverte à la manne.

Paul : Mes yeux voient ding dingue dong !

Paule : Aaah aaah aaaaah !…

Paul : Hum… Ne t’abandonne pas trop totalement chère Paule, pas absolument entièrement.

Paule : Comment le pourrais-je ? Le dindon dodu veille…

Paul : Ah !… Mais oui ! Oh oh oh !…

Paule : Je ne suis pas nue non plus tu vois.

Paul : Oui oui je vois.

Paule : Tombe pas des nues moi… Mes pieds au sol ma tête au soleil. Je m’abandonne à l’amour seul. Pas à tout du tout. Seul l’amour me prend toute.

Paul : Oh oh…

Paule : J’ai de l’eau fraîche !…

Paul : Tend la main, t’auras du boudin.

Paule : Blanc ou noir, je les prends de bon cœur.

Paul : Tu donnes tant.

Paule : Suis sans crainte ni espoir, le présent est cadeau pour qui vit la vie vive.

Paul : Tu n’as pas peur du lendemain. T’auras du boudin.

Paule : J’entends, j’entends la chanson au loin qui vient. Ecoute, écoute !…

La chanson : « Tiens, voilà du boudin, voilà du boudin, voilà du boudin, pour les Alsaciens, les Suisses et les Lorrains, pour les Belges, y en a plus, pour les Belges y en a plus, ce sont des tireurs au cul. »

Paul : Avec des frites !

Paule : Rien ne manque à notre bonheur, seul le trop est un malheur.

Paul : Ras le bol…

Paule : Ras la casquette du trop plein.

Paul : Donnons, donnons à l’envi !…

Paule : Que le trop ne pèse et n’alourdisse nos désirs !…

Paul : Soyons légers en nos vêtements amples. Dévoilons l’espace !…

Paule : Donnons nous le temps les uns les autres.

Paul : Tous les temps !

Paule : Oui, les temps pour toutes choses.

Paul : Il est temps.

Paule : Il est grand temps…

Paul : Je pelle.

Paule : Tu m’as entendu Paul.

Paul : Viens frotter ta peau contre la mienne.

Paule : Allons.

Au loin : « Tiens, voilà du boudin, voilà du boudin, voilà du boudin, pour les Alsaciens, les Suisses et les Lorrains, pour les Belges, y en a plus, pour les Belges y en a plus, ce sont des tireurs au cul. »



Paule, Paul.
© Antoine Moreau, septembre 2003/2004
(publié dans le n° 37 de Papiers Libres, juillet-août-septembre 2004) Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.

326.jpg Mohini est contente de ses photos. http://adamproject.net
Copyright Timothée Rolin, 08.12.2001,
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Paule, Paul /19


Paul : Paule ! Bonjour !

Paule : Bonjour Paul !

Paule : A quoi penses-tu ?

Paul : A mon avvenir.

Paule : Laisse vvenir tu vverras…

Paul : Pour vvoir vvenir, chère et douce amie, me faut de bons yeux.

Paule : Pour sûr !...

Paul : Je pense à l'avvenir de mes yeux.

Paule : Tu as de bons yeux, non ?

Paul : Pour l'instant oui mais demain ?

Paule : Demain tu mettras des lunettes si besoin.

Paul : Me faudra les payer.

Paule : N'auras-tu pas les moyens ?

Paul : Mais justement Paule, c'est la question que je me pose : de quoi mon avvenir sera-t-il fait pour subvvenir à mes besoins.

Paule : Penses-tu risquer la misère cher ami aimé un jour prochain peut-être ?

Paul : La pauvvreté sûrement, la misère il n'y a pas besoin d'être sans le sous pour l'éprouvver de toutes les façons possibles...

Paule : Mon ami pauvvre, tu as bien raison. Toute cette misérable richesse qui pèse sur les épaules…

Paul : Elle alourdit l’élan.

Paule : Elle écrase.

Paul : Misérable miracle économique…

Paule : Euphorie fugace. Il te faut Paul affirmer ceci : de rien tu ne manques en étant pauvvre supposé tel.

Paul : La pauvvreté est un luxe. Je le sais, je le paie. Je ne manque de rien.

Paule : La misère une plaie. Tu le sais, elle survvient.

Paul : Elle atteint les riches, apparemment tels, comme les pauvvres, vvisiblement tels.

Paule : Elle...

Paul : La pauvvreté, elle, est un bien exigeant qui implique d’être riche.

Paule : Hum… Alors… L’économie ferait-elle l’économie des richesses ?

Paul : L’économie compte, c’est un calcul au rein du corps social.

Paule : Le foie a les foies !

Paul : La confiance entre les parties en prend un coup dans l’aile quand les calculs opèrent.

Paule : Misérable opération mue par la peur !… L’économie fait la table rase.

Paul : Où sont les invvités au partage du repas ? Où sont les convversations aimantes ?

Paule : Chacun compte ses coûts et calcule sa survvie.

Paul : C’est la gestion capitale de la vvie à deux balles !

Paule : Roulette russe des caprices du marché !

Paul : Casino des occasions perdues !

Paule : Ah… Mon amour… Transporte moi là où ce qui compte c’est ce qui ne se compte pas…

Paul : Paule ! Regarde : mes yeux dans tes yeux, regarde alentour.

Paule : Je vvois !…

Paul : Il n’y a rien à craindre.

Paule : Nous y sommes.

Paul : Somme toute, nous ne comptons pour rien au monde.

Paule : Zéro !

Paul : L’infini !

Paul : Ah ah ! Mais entre il s’écoule quelques chiffres…

Paule : Nous nous en chiffrons. Qu’il n’y ait pas d’ombre à nos lettres !

Paul : Que le calcul soit poème !

Paule : Abstrait au possible, qu’il fouille le créé.

Paul : Qu’il découvre l’inconnu.

Paule : Qu’il révèle l’origine.

Paul : C’est un nombre le monde.

Paule : Un nombre multiple.

Paul : Ah !… Je n’ai pas besoin de lunettes pour le moment. Je vvois clairement.

Paule : Vviens chez moi ami doux tu pourras vvoir à travvers ma lunette astronomique.

Paul : Je veux bien vvoir.

Paule : Tu vverras le nombre et ses nombres en nombre infini.

Paul : Et des poussières !

Paule : Ca ne se chiffre pas. Vvoudras-tu rester dîner ?

Paul : Oui, avec plaisir.

Paule : Je vvais acheter de quoi faire une fondue Savvoyarde.

Paul : J’en salive d’avvance. Je m’occupe du vvin s’il te plait.

Paule : Oui, avec plaisir.

Paul et Paule : Nous allons nous régaler !….

Paule et Paul : Aaaah !…


Paule, Paul.
© Antoine Moreau, septembre 2003/2004
Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://artlibre.org ainsi que sur d'autres sites.



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